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La Boîte à médiation variable : une Boîte, trois Artistes et un Parc

Les évènements artistiques composant les Occurrences estivales du Péristyle Nomade proposent des rencontres impromptues dans les espaces publics du Centre-Sud de Montréal. Cet organisme bien connu des quartiers Sainte-Marie et Saint-Jacques a pour mandat d’investir le paysage urbain et d’engager le dialogue avec la communauté par l’intermédiaire de la création artistique sous toutes ses formes. Pour une première fois cette année, le Péristyle Nomade propose La Boite à médiation variable; une installation relationnelle visant à favoriser les échanges et à dynamiser le quotidien du quartier par la présence de projets artistiques éphémères.

Médéric Martin

C’est en pleine canicule que c’est tenu la première phase de cette trépidante aventure où trois artistes étaient invités à habiter le parc Médéric-Martin pendant une durée de cinq jours. Un premier signe d’appropriation prenait la forme de petites interventions furtives effectuées dans le lieu une semaine précédant l’occupation. Installé dans le parc du 15 au 19 juillet dernier, l’abri accusant la version physique de La Boite à médiation variable affichait des couleurs festives et se présentait à la fois comme un lieu de rassemblement où s’y échelonnaient ateliers de création et soupers collectifs.

C’est par la référence historique à Médéric Martin que le projet de Jean-Philippe Luckhurst- Cartier s’est ancré dans le parc. Par une approche documentaire, l’artiste s’est intéressé à ce personnage qui fut maire de Montréal de 1914 à 1924 et de 1926 à 1928. Installé non loin de la « Boîte », inspectant la documentation accumulée sur le personnage, l’artiste en a extirpé des citations qu’il a disséminé dans le parc. Malgré l’apparence documentaire du projet, celle-ci s’est vue altérée par les éléments graphiques récurrents sur les différents supports. En effet, les informations livrées sur le personnage relevaient davantage de l’anecdote affirmant encore ici un point de vue particulier posé sur la figure historique. Des citations de Médéric Martin apparaissaient à la fois sous la forme de simples photocopies de documents, certaines étaient affichées sur des bibliothèques disposées au centre du parc s’élevant tel des monuments commémoratifs à l’honneur du maire et d’autres s’inscrivaient sur des peintures à la facture minimaliste. La présence insolite et furtive de ces objets dans le parc gagnait la curiosité du passant, l’invitait à se rapprocher pour lire davantage sur l’histoire personnelle que l’artiste se faisait un devoir de recueillir et de diffuser. Ainsi, le projet était une source d’information pour les visiteurs, et d’une autre part, les passants alimentaient la création par leur participation, d’où la pertinence de cette intervention in situ.


Art textile

Le collectif SCRATCH, quant à lui, s’est installé au cœur de La Boîte à médiation variable afin d’échanger avec les visiteurs leur passion pour les arts textiles, ainsi que leur savoir-faire technique. Jenna Dawn MacLellan et Janna Maria Vallee ont partagé le temps d’une semaine leurs connaissances connexes aux teintures naturelles, à la couture et plus encore. C’est grâce à une occupation haute en couleur que le chapiteau s’est animé; les matières naturelles irisées dans les bocaux de verre; les machines à coudre vrombissantes; les casseroles bondées de liquide et tissus colorés ont capté le regard des passants. Les deux artistes vêtues de leur robe champêtre ont arpenté le parc Médéric-Martin pour y recueillir des végétaux locaux. À partir de divers éléments naturels recueillis et grâce à l’implication des visiteurs, SCRATCH a confectionné des bannières constituées de tissu teint. Il était possible au cours des jours d’apercevoir de nouveaux fanions disposés aléatoirement dans ce parc public. La Boîte à médiation variable, d’un rose criard et d’un orange vif, s’est vue transformée par les ornementations de couleurs terreuses, de plus en plus présentes, témoignant de ce travail en continu. Il était fascinant, voire absorbant, d’assister à ce travail minutieux qui donnait lieu à un partage de savoir, mais surtout à la célébration du pouvoir des végétaux qui se retrouve si près de chez nous.


Questionner l’espace

Caroline Boileau, en lien avec sa pratique axée sur la corporalité, a habité le parc avec sa vision naturelle, c’est-à-dire à l’aveugle vu sa condition de grande myope. C’est donc grâce à l’acuité de ses sens, autres que la vue, que l’artiste a exploré le parc. Tout au long de la semaine, Boileau s’est emparée de l’espace public pour y installer des « stations » et ainsi vaquer à des occupations quotidiennes. L’artiste trimballait un charriot rouge vif agencé à ses vêtements contenant les objets nécessaires qui lui permettait de dresser des espaces bien spécifiques, que ce soit pour la collation, la sieste, le dessin ou une partie de « Bolo ». Par cette pratique performative, elle invitait le public à se joindre à ses activités pour ainsi réfléchir sur la relation que nous entretenons avec les espaces publics. Caroline Boileau a dévoilé une sphère de sa vie privée dans un lieu public, et a su partager cette expérience hors du commun avec les passants. Des créations d’aquarelle collective, des jeux ludiques et des discussions sont nés de ces installations invitantes. L’œuvre de Boileau s’est en quelque sorte imbriquée à la vie du parc et aux petits rituels de ses occupants. Au crépuscule de cette « Boîte », il était usuel de voir l’artiste flamboyante s’adonner à des activités journalières.


Parc des Faubourgs

Heureusement, La Boîte à médiation variable reprend vie pour une deuxième fois cet été dans le cadre des Occurrences estivales la semaine du 20 au 24 août 2013 au parc des Faubourgs à Montréal. Il sera possible de contribuer à l’élaboration d’un immense patchwork avec l’artiste multidisciplinaire Karine Galarneau. Chloé Poirier Sauvé propose quant à elle d’occuper le parc par une approche spirituelle; c’est par l’installation de courtes phrases issues de la pensée bouddhiste que l’artiste invitera les passants à prendre le temps, discuter et réfléchir sur ces Kôan zen. Puis, des bouteilles à la mer urbaines seront créées, grâce à une interaction entre les citoyens et l’artiste Mélissa Simard, pour ensuite être éparpillées dans le quartier. Il sera donc possible tout au long de la semaine d’échanger avec les trois artistes de 14 h à 21 h, de participer à des ateliers de création et même contribuer aux soupers collectifs qui ont lieu dès 19 h. Le dévoilement des œuvres finales s’effectuera le samedi 24 août dès 17h30 en compagnie de la Fanfare PourPour et le Cabaret sous les arbres. Une présentation animée viendra souligner ce travail de création relationnelle effectué tout au long de la semaine.

Auteures : Amina Janssen et Laurence Garneau

La Boîte à médiation variable
Parc des Faubourgs du 20 au 24 août
Métro Papineau / rue Ontario Est, à l’angle de la rue Dorion